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  • Audrey Chevalier

Le Capricorne : éloge de l'engagement

Tout comme le Scorpion, le Capricorne a mauvaise presse. Souvent réputé comme étant peu amusant, il représente pourtant la grandeur de la Justice, tout du moins à ceux qui s'engagent sur une réelle voie de perfection. Bien loin de ravir les endormis, les prétendus hypersensibles et les consuméristes affectifs, il est d'une exigence implacable.


Le Capricorne est Justice et Engagement. Il nous oblige à nous tenir la tête droite et le port altier. Là où le Lion brille par son sens de l'honneur, le Capricorne est pure intégrité. Il est donc vain de mentir ou pire encore : de se mentir. Cela est d'autant plus vrai sur le processus d'individuation et lorsque le Moi abdique progressivement en faveur du Soi. Ainsi chaque mensonge proféré à soi-même génère en notre sein, le poison amer et pernicieux de la trahison.


Aussi, il convient de s'engager réellement et pour ce faire, le Capricorne se tourne vers le Cancer, celui qui porte le miroir. Il demande alors : "montre-moi ici qui est ton ennemi ?" Sans doute, l'ignorant le cherchera dans un premier temps parmi ceux qui n'ont pas ou plus répondu à ses idéaux infantiles : les siens, ses parents, ses frères et soeurs, ses amoureux ou ses amis. Puis, quand il comprendra qu'il s'épuise à chercher à l'extérieur, enfin il se tournera vers le miroir tendu par le Cancer et pourra juger par son propre reflet qui est en réalité le véritable ennemi. À quel moment nous sommes-nous corrompus pour obtenir les faveurs d'autrui ? Pour être validés par les autres ? À quel jeu avons-nous joué, à quelle ruse avons-nous eu recours pour obtenir les grâces d'un amant ? À quelle flatterie nous sommes-nous adonnés pour garder près de nous l'homme à succès ? Quelles rivalités avons-nous générées entre les femmes pour se garantir que nous avions toute leur admiration ? Combien de femmes se sont contentées de miettes pour garder près d'elles l'homme de leurs pensées ?


Si l'engagement consiste à traquer l'ennemi en soi, il exige également Justice. La princesse de Clèves l'avait compris, elle. Profondément amoureuse du duc de Nemours, elle demeure clairvoyante sur les vicissitudes de l'homme volage et préfèrera renoncer au mariage afin de préserver son coeur aimant. Mais ne nous y trompons pas : la princesse ne se refuse pas ni par coquetterie ni par sécurité et encore moins par culpabilité envers feu son époux, mais pour sauvegarder l'Amour de Dieu en son sein, chose dont le duc de Nemours, bien que très amoureux, ne saisit pas encore. D'amour, sa vie en sera écourtée mais elle demeure néanmoins fidèle à son âme. Ainsi, la jeune femme s'engage envers elle-même et ce, en dépit des circonstances sociales, d'un beau mariage et d'un veuvage qui n'a plus lieu d'être.


Les héros meurent toujours d'Amour car ils sont profondément intègres à l'endroit de leurs coeurs aimants. Don Juan en a payé de sa vie, mais plutôt mourir que d'être un autre plus conventionnel. Ainsi la Justice et l'Engagement consisteront toujours à des renoncements et quelques insatisfactions mais peu importe puisque de toutes les manières, Anima survivra plus lumineuse et plus radieuse encore.


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