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  • Audrey Chevalier

Mercure rétrograde en Poissons : « la traversée brumeuse du pèlerin »

Dès le 18 février et jusqu’au 11 mars prochain, Mercure débutera la première des trois rétrogradations annuelles auxquelles il est coutumier. Cette année, ces mêmes rétrogradations auront lieu dans le Triangle d’Eau : Le Cancer, l’inconscient individuel, le Scorpion, l’inconscient collectif et les Poissons, l’inconscient cosmique. En effet, chacune des « marches arrière » du dieu aux sandales ailées, mettent en lumière le symbolisme du triangle : la compréhension profonde des multiples lois de l’Univers.


Le symbole du triangle mercurien

Il y a toujours quelque chose d’ironique avec les rétrogradations de Mercure. Là où il apporte analyse et rhétorique comme cela est le cas lorsqu’il s’installe dans le signe de la Vierge, ses rétrogradations annihilent ou parasitent tous processus mentaux. Quand bien-même la dimension matérielle s’en trouve amochée : retards, difficulté à comprendre ou à se faire comprendre, échanges houleux ou superficiels ; les lois de l’Univers, elles, continuent d’œuvrer. En effet, l’astrologie étant avant tout une affaire quantique, les « problèmes » en lien avec Mercure et ses rétrogradations sont surtout révélateurs d’un alignement intérieur à la fois personnel et collectif qui tarde à se manifester. En outre, les rétrogradations mercuriennes attestent encore d’une humanité toujours en prise aux influences extérieures ou du moins le croit-elle. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’une telle rétrogradation a lieu dans le signe des Poissons où les individus se laissent souvent porter par la vague ou submerger par les flots ou attendent qu’un dieu les récompense de leurs bienfaits ou les punisse de toutes vilénies. C’est ici, l’apogée (et vous admirerez encore l’ironie toute facétieuse de l’ami Mercure) du TRIANGLE de Karpmann : des victimes d’un côté et des bourreaux de l’autre, sans oublier la dimension typiquement neptunienne des Poissons : les sauveurs. J’y reviendrai plus longuement.


L’Appel du Cosmos

Vivre Mercure en Poissons n’est pas chose aisée. Tout comme Jupiter en Capricorne ou Uranus en Taureau, le symbole mercurien ne trouve pas de réelles affinités avec le signe des Poissons, tout du moins à priori. Lorsqu’une planète ne se sent pas réellement à son aise dans un signe, la dualité est alors renforcée. Cependant, il est donné à l’homme l’opportunité de sortir de son territoire pour en connaître un autre dont les lois lui sont étrangères. Contrairement au Sagittaire qui repousse ses frontières, les Poissons les dissolvent. L’homme va donc devoir trouver un pont entre deux univers que tout sépare. Ici, la dialectique et le sens critique inhérents à Mercure sont totalement dilués dans les eaux troubles de ce douzième signe. Non, tout le travail consiste à mieux cerner à la fin de la rétrogradation, tout ce que nous avons confondu par le passé : le secourisme et l’amour, les luttes pour sauver un monde qui ne demande pas à être sauvé, une générosité confondue avec du vampirisme, etc… Ainsi, la rétrogradation, dont l’énergie est dirigée vers l’intérieur, suggère aux hommes de fermer les yeux terrestres pour ouvrir celui de l’âme et de mieux cerner ainsi leur vocation profonde. C’est pourquoi, la période peut être assimilée à un sentiment d’être en marge de son existence ou de rêves laissés en jachère jusqu’ici. En outre, la conjonction Mercure-Neptune peut éveiller une sensation d’exil : ce phénomène est d’autant plus vrai chez les âmes jumelles en phase initiatique et qui se sentent tiraillés entre deux mondes. Il en résulte le plus souvent une errance, un « à-quoi-bon », une nostalgie dont nous ne saisissons pas réellement les fondements profonds. Par ailleurs, il n’est pas rare de voir apparaître ce qui avait été exclu il y a 7 ou 21 ans – cela sera d’autant plus vrai à la fin de la rétrogradation – tout comme un geyser laisse jaillir sa source chaude, l’Appel de l’âme se fait entendre comme l’écho d’un navire au loin. Le chaos, les remous profonds peuvent surgir comme des lames de fond s’écrasant sur le navire de la fuite : renforçant ainsi une très vieille scission intérieure.


Lors de ce transit, il semblera naturel de vouloir fuir le monstre mais cela serait oublier qu’il fait partie intégrante de l’Appel du Soi. Vouloir prendre le large et fuir sa véritable vocation demeure et restera un choix, en atteste l’une des règles fondamentales de l’incarnation : le libre-arbitre. Mais les résistances inconscientes et la fuite de ses monstres intérieurs nous confrontent toujours à des limites et une force bien plus grande encore interviendra toujours : le lâcher-prise. Dans la vie courante et lors de ce transit, ces mêmes résistances peuvent se manifester ainsi : on tente tout pour accoucher de quelque chose (un écrit, un projet, un dialogue, etc..) mais en vain. Attention, cette dynamique ne devra être nullement confondue avec l’illusion d’un pseudo châtiment ou d’une grâce divine intervenant dans nos affaires ; ceci est une croyance qui prend sa source au cœur de l’expérience manichéenne terrestre. Non, ce qui résonne est le savant mélange de deux cœurs qui battent à l’unisson : celui des hommes et celui de l’Univers.



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